Saviez-vous que les embryons avaient un c½ur, mais aussi des ongles? Je ne le savais pas, c'est dans "Juno", un film drôle et émouvant que je l'ai appris.
Je pensai que la vie c'était un miracle pour toutes les femmes, un cadeau du ciel et une bénédiction. Pendant longtemps j'ai pensé ainsi et puis j'ai cru ce qu'on m'a dit, pas de miracle, pas de cadeau du ciel, pas de bénédiction.
Je croyais qu'on ne pouvait pas être aimé alors, du moins pas entièrement, pas totalement. Et puis finalement, il fallait s'y résoudre, la résignation prit place sur les doutes et les angoisses, seule chose à faire à ce moment là. Et puis j'ai cru en l'amour inconditionnel, celui qui n'a pas besoin de progéniture pour transcender les sentiments en descendance, j'ai compris qu'aimer l'autre, c'est s'aimer soi-même et accepter l'amour d'autrui, l'un se nourrit de l'autre et la tierce donnée, présente ou non, ne doit pas gâcher cette capacité à aimer.
Et puis on vous dit que finalement, ça se fera quand même, peut-être, peut-être un miracle, peut-être un cadeau de la vie? Ca chamboule à nouveau tous les fondements instaurés et mène à une virulente réflexion. Qui suis-je? Peut-on réellement m'aimer pour qui je suis? Je suis une femme, donc automatiquement on pense tôt ou tard à mon rôle, mon statut, ma plus haute fonction, celle de mère, mais si je ne suis pas mère, ne suis-je plus femme? Ne m'aimera-t-on pas autant? N'aurai-je pas le droit au bonheur et à l'amour? Alors je vais faire comme si on ne me l'avait pas dit, je laisse le presque-miracle au placard, car l'heure des enfants n'a pas encore sonné, mais peut-être celle de l'amour.
L'écorce ou l'armure qu'on se crée pour se protéger finit par devenir un lourd attirail qui malgré son rôle protecteur devient un fardeau en acier, alors difficile de faire avancer Guenièvre quand on traîne derrière soi la carcasse de Lancelot...
J'ai trouvé mon problème, il se décompose en deux branches (on dirait encore de la traduction technique, lol) la première c'est mon incapacité à dire ce que je ressens verbalement et plus précisément lorsque que quelque chose me fait de la peine. La phrase "j'ai de la peine" me paraît imprononçable et je ne pense même pas à la dire, que dis-je à la formuler quand c'est le cas. Ceci n'est qu'un exemple. D'un autre côté je nombrilise, oui néologisme ou nathologisme, je suis le nombril du monde, je ne parle que de moi, de ce que je vis, de mes amis, des mes passions, de mes soucis... j'avoue je suis coupable, je fais ça, car je me dis que plus j'en dis, moins on me posera de questions sur ce que je ne veux et surtout ne peux dire et ça marche. Le système est rôdé et élaboré de façon à ce que pas mal de personnes s'arrêtent à une réflexion primaire "elle ne fait que de penser à elle". Le souci c'est bien là, ne pas penser à soi, par peur d'être jugé égoïste et le comportement induit pourtant en erreur. Or, aider autrui, c'est d'abord aller bien et s'aider soi-même.
J'ai accepté certaines choses, non pas comme une fatalité, mais avec un regard différent et une envie de m'en sortir. J'ai perdu 9kgs à la sueur de mon front et de mes efforts, je suis fière de moi. Aujourd'hui je vais connaître les modalités de ce qui me permettra définitivement de traiter la pathologie qui me concerne, ça y est, on y est, j'y suis. Ca a commencé bien avant dans ma tête, mais me voilà fin prête, même si j'ai les jambes qui tremblent, lol.
Je me regarde dans un miroir et je ne vois plus le monstre que je pensai être, je vois une jeune femme qui sourit, qui pleure, qui rit et qui vit. Je n'aurai pas pensé arriver à ce stade, et aux personnes concernées qui se reconnaitront je dis: Merci.
Les choses évoluent et le train est en marche, parfois j'ai peur, des trucs tout bêtes, comme franchir le cap des -10kgs, c'est effrayant vous n'imaginez même pas, vous croyez que j'ai envie que mes seins se transforment en gants de toilette? (La chirurgie réparatrice vous connaissez?)... on en est encore loin, mais tout de même.
J'ai peur aussi pour mon papa, son diabète, ses orteils amputés, j'espère qu'il guérira bien et que ma crainte de le perdre se raisonnera, car de toute manière je le sais bien, il va vers la fin de sa vie et moi je la commence.
J'ai eu de la peine aussi, un ami que j'arrive difficilement à désaimer et pourtant il va falloir s'y résigner. Et puis il y a aussi des joies mes amis, des sourires, des discussions à point d'heure et même s'il ne verra peut-être jamais ce qui est écrit ici, merci Smileboy :)
C'est le cocktail émotionnel et l'un des moyens que j'ai trouvé pour l'exprimer, c'est la musique, la chanson... je promets donc officiellement ici que je m'y mets et bientôt je vous ferai écouter ce que ça donne sur myspace par exemple :) même si c'est un enregistrement avec le micro de l'ordi, lol...
J'avais besoin de vous dire tout ça, car mon royaume c'est l'écrit, je suis à l'aise dans ce domaine comme nulle part ailleurs, quand j'écris ça me libère et je ne suis pas coincée par les mots et par ma gorge qui se noue. Je sais aussi causer, vous le savez bien, mais c'est moins évident pour les choses qui nous tiennent à c½ur.
Je n'ai pas la prétention d'être une artiste, plutôt une graphomane délurée qui aime l'écriture pour dissoudre ses vagues à l'âme.
N'oublions pas que j'adore rire et ainsi je vous remercie de ne PAS m'envoyer de lien contenant des blagues nulles à chier, si déjà, une bonne blague de cul s'iou plé!!!! LOL
Ah j'entends un truc... je crois que c'est le travail qui m'appelle... zut je dois filer, je vous embrasse tous!!!! ;)